17 novembre 2018
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Test de Dakar 18 sur Xbox One X

C’est l’une des épreuves les plus emblématiques des sports mécaniques et pourtant, le rallye-raid est rarement proposé en jeu vidéo. Il faut dire que jusqu’à présent, aucun titre n’a proposé de méthode de navigation sérieuse qui ne transforme pas chaque spéciale en une simple visite guidée à haute vitesse. Et c’est là que débarquent les développeurs portugais de Bigmoon Entertainment avec ce Dakar 18, un jeu vraiment atypique dont voici nos impressions sur Xbox One X.

Que les choses soient claires, si Dakar 18 n’est pas forcément une simulation d’un point de vue de la physique des véhicules, c’est (de loin) la représentation la plus réaliste d’une épreuve de rallye-raid jamais vue sur console. A partir de là, il faut bien comprendre que le titre n’est pas accessible que ce soit au niveau de la prise en main ou de la façon d’appréhender chaque spéciale. Vous aurez été prévenus!

Le titre débute avec un tutoriel qui vous permet de vous familiariser avec le gameplay des véhicules mais surtout la compréhension du road-book qui contient toutes les notes constituant votre itinéraire. Honnêtement, beaucoup de gens s’arrêteraient probablement là si les développeurs (et tous les développeurs en général d’ailleurs) avaient la bonne idée de revenir à un concept ancien qui a malheureusement disparu: La démo jouable. A mon avis, Dakar 18 est si atypique et spécifique qu’il devrait être accompagné d’un questionnaire avant achat.

Voici mon questionnaire:

  • En quelle année a été lancé le Paris Dakar?
  • Quel constructeur a remporté le plus de Dakar dans l’histoire de la compétition?
  • Quel pilote a remporté le plus de Dakar dans l’histoire de la compétition?
  • Combien de classes disputent le Dakar en 2018?

Et la question la plus importante:

  • Jouez-vous aux jeux de course avec la trajectoire affichée au sol?

Si vous répondez oui à cette dernière question, fuyez. Si vous répondez non, restez, et en plus vous remontez dans mon estime.

Un gameplay embourbé

La prise en main dans Dakar 18 varie énormément selon le type de véhicule que vous choisissez. Licence officielle oblige, vous disposez de 5 classes (voitures, motos, camions, quads et sxs) avec tous les véhicules, équipes, pilotes et copilotes de la véritable compétition. La chose qui choque immédiatement c’est la sensibilité de la direction. Supra sensible, celle-ci vous fera plonger dans les options au bout de quelques secondes pour espérer survivre au 1er kilomètre. Le maniement en lui même n’est pas exempt de tout reproche une fois la sensibilité ajustée. Il y a un grand manque de stabilité qui semble être là pour simuler le fait d’évoluer sur des terrains meubles comme le sable ou la terre asséchée mais en l’absence de vibrations (ajoutées avec la 1ère grosse mise à jour du jeu), ce que l’on voit ne correspond pas vraiment à ce que l’on ressent. Les voitures et notamment les 2 roues motrices comme le Peugeot 3008 DKR ont une fâcheuse tendance à survirer (voire être incontrôlables), ce qui vous oblige à passer la majeure partie de votre temps en accélérant qu’à moitié. C’est assez bizarre quand on imagine le monstre de Peugeot comme l’avaleur de dunes ultime, mais les attaquer de biais est souvent une mauvaise idée, surtout que les demi-tours en trombe (vous savez vous maintenez la marche arrière à haute allure puis tournez brusquement le volant pour vous remettre droit) ne semblent juste pas marcher dans ce jeu. Aussi étonnant que ça puisse paraître, les motos et quads ne sont pas plus simples à manier, bien au contraire, et doivent être utilisées sans copilote, ce qui ajoute un niveau de difficulté supplémentaire.

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Au bout du compte et contre toute attente, ce sont les gros camions qui se comportent le plus conformément à nos attentes, mais ils sont également plus lents car beaucoup plus lourds. Dans tous les cas, les accélérations et freinages ne constituent pas le gros du challenge que représente chaque spéciale mais il est vrai que l’on aurait pu espérer un moteur physique plus “solide” pour ce qui est tout de même un jeu de course.

Dunes, plages et rivières asséchées

Pas de version One X Enhanced malheureusement pour Dakar 18 à sa sortie et le résultat visuel est mi-figue mi-raisin. En prenant en compte la jeunesse relative de ce studio sur Xbox One, il faut admettre que le rendu est de bonne facture au niveau de la modélisation des véhicules. Ceux-ci se salissent au fur et à mesure de votre progression et pourront subir des dégâts visuels importants.Les immenses étendues d’Amérique du sud sont également de qualité et fleurent bon le dépaysement pour nous autres européens. Le framerate par contre, n’est pas à la hauteur des graphismes et flirte généralement avec les 30fps tout en restant en dessous. Certaines zones des spéciales, surtout celles qui affichent beaucoup de végétation, occasionnent de grosses baisses qui ne sont pas sympa d’un point de vue visu + gameplay mais dans l’ensemble le tout reste propre avec des environnements désertiques très réalistes et quelques couchers de soleil fantastiques (dommage, pas de mode photo d’ailleurs…).

Donc le jeu s’en sort tout juste d’un point de vue visuel mais pour les sons, c’est une autre histoire. Moteurs, pneus, différents revêtements, le problème n’est pas là. C’est plutôt votre copilote qui ne parle exclusivement qu’en anglais! Si ses propos sont traduits en bas de l’écran, ce n’est absolument pas idéal pour négocier rapidement les enchaînements nécessaire au passage de chaque waypoint. C’est d’ailleurs un souci majeur du copilote qui exige des changements de caps absolument impossibles dans les délais demandés, il est juste trop impatient! Non seulement il indique les changements de direction trop tard mais il exige que vous suiviez le bon cap immédiatement après, et donc vous entendrez souvent “cap is not this way…” alors que vous travaillez encore la manœuvre indispensable pour l’enchaînement précédent… Un peu frustrant.

Au bout du compte, cela vous pousse à anticiper et pour ce faire il faut comprendre le road-book, qui est sans aucune hésitation, la clé de tout le jeu.

Ne pas se perdre dans le désert…

En effet, pour éviter que Dakar 18 ne soit qu’un jeu de rallye glorifié sur des étapes de 400 kilomètres, les développeurs ont intégré le véritable système de road-book validé par la fédération internationale de l’automobile. Réalisé en anglais, il dispose de nombreux sigles et logos qui représentent tout ce que vous pouvez rencontrer lors d’une spéciale et donc, il constitue le “langage officiel du rallye raid”. Si vous savez lire le road-book, vous pouvez vous diriger, voire même vous passer du copilote, indispensable pour jouer en moto notamment (si vous êtes perdus vous pouvez toujours revenir au waypoint précédent ou suivre les autres compétiteurs lorsqu’ils passent aux alentours).

Avec un système aussi rigide et codifié, les premières parties sont difficiles voire carrément frustrantes. Heureusement, les développeurs ont mis en place une version simplifiée qui se rapproche d’un gameplay assisté avec des flèches à suivre. A l’usage, on se fait aux indications et on comprend la suite d’actions nécessaires pour enchaîner les waypoints. En gros:

Regardez cette image au départ de la spéciale “Etape 4 Marcona”. On voit la piste devant avec les traces. Le road-book indique:

  • 01 – Kilomètre 0, cap 300°, tout droit sur la piste (qui zigzag)!
  • On peut dors et déjà lire la seconde entrée qui dit:
  • 02 – Au kilomètre 9.56! Danger aquatique (?) à traverser! Prendre légèrement sur la gauche, cap 291°!
  • 03 – Et on voit déjà que cette trajectoire sera à maintenir jusqu’au kilomètre 17.34.

Vos kilomètres sont affichés au milieu en haut à gauche (04) avec le cap sur la droite (05). Le point jaune en haut est une indication qui permet de faciliter la direction vers le cap. Une assistance supplémentaire s’affiche une fois très proche. Elle fait partie des aides pour les débutants dont, croyez moi, vous aurez besoin si vous voulez terminer une spéciale.

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Donc, après de nombreuses frustrations dues au gameplay et face à une expérience qui n’a aucun égal sur console, on se met à comprendre le système et à relever le défi qui se présente face à nous: Terminer le Dakar 2018! Croyez-moi, la route est longue!

Car même après avoir pris ses marques et enchaîné les spéciales, avec peut-être quelques victoires, la réalité n’est jamais bien loin et les 2 niveaux de difficulté au dessus de débutant, en plus du type de véhicule que vous utilisez, auront vite faite de vous remettre les pieds sur terre. Il est relativement fréquent de vous retrouver coincé, de nécessiter de l’assistance ou des réparations. Celles-ci peuvent être automatiques (appuyez sur le bouton back puis onglet réparer et là vous dépensez des points gagnés à chaque passage de waypoint pour effectuer telle ou telle réparation) ou alors manuelles lors desquelles vous devez descendre de la voiture pour la débloquer par exemple. Les chocs sont à éviter à tout prix car certains dégâts peuvent, passé un certain point, être impossibles à réparer en dehors de l’assistance finale et vous devrez continuer dans l’état. Par ailleurs, un retour au dernier waypoint validé si vous vous perdez ajoutera 15 minutes à votre temps final, donc vérifiez vos votre itinéraire! Si le fait de pouvoir sortir est une touche sympathique et inattendue, le gameplay n’en est pas moins “old school” et il vous faudra une bonne période d’adaptation avant de réaliser les actions recommandées de suite.

A partir de là, les points de passage étant placés de manière aléatoire dans l’immensité des environnements, vous avez à faire à une expérience quasi illimitée malgré le fait qu’il n’existe en fait que 14 spéciales différentes. Les distances énormes ne sont pas respectées à l’échelle 1 (en même temps des spéciales de 400 kilomètres et plus, qui a le temps?) mais pour environ 300 km, préparez-vous à environ 1 heure de jeu avec un véhicule rapide et sans rencontrer le moindre souci durant toute l’épreuve, ce qui n’est pas garanti!

On se retrouve donc avec un jeu atypique et attachant, malgré l’immense frustration qu’il est capable de générer car oui, les bugs sont nombreux. Il serait aisément possible de réaliser des vidéos “bloopers” au vu des choses incroyables qui peuvent vous arriver dans Dakar 18, qu’il s’agisse de la physique des véhicules, des soucis de collision ou l’IA qui semble complètement barrée. Mais bon, il parait que les gens deviennent fous dans le désert. Quoi qu’il en soit, les développeurs sont au courant et travaillent d’arrache-pied pour rendre l’expérience la plus divertissante et immersive possible. La première grosse mise à jour du jeu n’a ni-plus ni-moins nécessité de réinstaller entièrement le jeu (soit plus de 42 gigas) mais elle a ajouté des modifications visuelles, de gameplay entre autres choses.

Une fois les spéciales maîtrisées de bout en bout avec tout type de véhicules, vous pourrez encore vous rabattre sur les chasses au trésor et au mode multijoueur en ligne ou écran scindé pour encore plus d’heures de jeu.

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