23 septembre 2019
Nos tests Playstation 4

Test de Days Gone sur Playstation 4 Pro

Après plusieurs reports, la Playstation 4 a le droit depuis quelques jours à une toute nouvelle licence exclusive ! Développé par les américains de Bend Studio, Days Gone est un survival horror à la troisième personne qui se déroule dans un monde ouvert. Vous y incarnez un biker qui va devoir survivre après d’une épidémie ait transformé la quasi-totalité des gens en zombies. Ce jeu triple A a demandé plus de six ans de développement aux équipes de Bend Studio et ceux qui attendaient une hypothétique suite à Syphon Filter, leur autre saga, devront encore prendre leur mal en patience. Ce test de Days Gone a été réalisé sur Playstation 4 Pro.

The Walking Dead x Sons of Anarchy

Days Gone se déroule sans l’Oregon, au nord de la côte ouest des Etats-Unis, deux ans après qu’une mystérieuse épidémie ait tué ou transformé la quasi-totalité de la population mondiale. C’est dans ce monde post apocalyptique que vous incarnez Deacon St. John, un biker du Mongrels Motorcycle Club devenu chasseur de primes après le début de la pandémie, période où il a aussi perdu sa femme Sarah. Il parcourt les vastes étendues de l’Oregon avec son ami Boozer à la recherche de primes et tous les deux comptent bien garder les couleurs de leur club même s’ils semblent en être les derniers membres actifs. Mais tout au long du jeu, vous avez aussi le droit avec quelques flashbacks dans lesquels vous découvrez la romance entre Deacon et Sarah.

Niveau narration, nous ne sommes tout de même pas au niveau des autres exclusivités de Sony comme les franchises Uncharted ou The Last of Us. Mais l’histoire reste intéressante et propose quelques rebondissements. Alors oui : Moto, zombies, arbalète, impossible de jouer à Days Gone sans penser à Daryl Dixon, personnage emblématique The Walking Dead interprété par Norman Reedus. Mais la comparaison s’arrête là.

Un monde ouvert peuplé de hordes de zombies

Comme je le dis dans l’intro de ce test, Days Gone est un monde ouvert assez grand à explorer. Comme tout bon monde post apocalyptique qui se respecte, il n’y a plus de société et chacun applique ses propres lois. Plusieurs clans se sont formés après le début de l’épidémie et chacun se dispute la moindre petite ressource qui traine tout en faisant face aux hordes de morts vivants. C’est dans ce contexte que vous évoluez libre et sans la moindre attache à tous ces clans mais cela ne vous empêche pas de faire des affaires avec eux. Les divers camps que vous visitez ont tous leurs leaders et leurs spécificités. Il y a un système de crédit dans le jeu qui remplace celui d’argent de base que l’on trouve dans les autres titres. Chaque camp vous donne des missions à remplir et lorsque vous les finissez, vous gagnez de la confiance et un certain nombre de crédits. Mais ceux que vous recevez ne peuvent être dépensés que sur place et non dans un autre camp. C’est là que le jeu se corse un peu puisque chacun propose des items que vous ne trouverez pas ailleurs. Certains ont plus d’upgrades pour votre moto tandis que d’autres reçoivent régulièrement des arrivages de nouvelles armes. Tout cela est important pour votre avancée dans le jeu donc il faut faire en sorte de travailler pour tout le monde en même temps si vous voulez débloquer de nouvelles améliorations. Mais avant d’acheter tout ce que proposent les divers marchands, vous devez aussi gagner la confiance de chaque camp en remplissant des missions principales ou secondaires mais aussi en nettoyant des zones infestées qui se trouvent dans leurs environs ou en leur envoyant les survivants que vous avez sauvé.

Le but principal de ce Days Gone est de survivre en tant que chasseur de prime. On passe donc son temps à remplir des missions principales et secondaires données tout en nettoyant des camps adverses, en brûlant des nids d’infectés, en sauvant des otages, en chassant des animaux et j’en passe. Mais vous devez faire tout cela avec une quantité impressionnante d’infectés qui rôdent. Vous les croisez principalement la nuit puisqu’ils sont reclus dans leurs nids le jour et sensibles à la lumière, même s’il arrive de temps en temps de croiser quelques téméraires. Ce ne sont pas des morts vivants qui trainent des pieds puisqu’ils courent assez vite dès qu’ils vous voient et ils sont capables de grimper n’importe où. Il est donc impossible de se mettre à l’abris en hauteur pour faire un carnage. Chose étonnante, il n’y a pas uniquement des infectés adultes. Vous croisez aussi ce que l’on appelle des têtards, qui sont des humains qui ont été transformés alors qu’ils étaient enfants. Si vous en rencontrez un ou deux, ces derniers ne vous causeront pas trop de problèmes mais c’est lorsqu’ils commencent à être plusieurs qu’ils deviennent dangereux. Il faut aussi se méfier de ceux qui ont un sac à dos et qui ont des tendances cleptomanes. En plus de cela, vous avez aussi les zombies qui gueulent dès qu’ils vous voient pour en rameuter d’autres ou encore les brutes qui sont énormes et très dangereuses si elles vous attrapent. Vous devez aussi faire face à une partie de la faune qui a été infectée. Alors que les loups et les ours de base sont assez pénibles et redoutables en général, je vous laisse imaginer leur version zombifiée.

Mais ce dont il faut se méfier le plus reste les hordes qui peuvent contenir plusieurs dizaines et dizaines de zombies qui attaquent en masse. L’affrontement avec ces groupes de zombies est particulier. En principe celui-ci se déroule dans un environnement au level design spécial même s’il arrive de les croiser de nuit sur les routes comme des mouton en pleine transhumance. Avant de vous y attaquer, il faut prendre le temps d’examiner la zone où vous vous trouvez pour déterminer les pièges que vous pouvez leur tendre. En principe, vous avez des endroits où vous pouvez vous faufiler rapidement et qui ralentissent la horde qui vous suit ce qui vous laisse quelques secondes de répit. Ensuite à vous de voir dans quelle direction vous allez vous échapper pour que les zombies vous suivent et tombent dans vos pièges. Barils d’essence, caisses d’explosifs, camions citerne, il y a pas mal de choses qui vous permettent de faire le ménage plus rapidement en éliminant plusieurs zombies d’un coup. Bien-sûr, vous pouvez utiliser vos armes mais c’est moins efficace et vous n’aurez surtout pas assez de munition. L’exercice est périlleux et pour tout vous dire, j’ai passé plus de 10 ou 15 heures sur le jeu avant d’affronter une horde. Je trouve juste dommage qu’il soit impossible de lâcher des grenades ou tout autre objet rapidement sans à avoir à viser, ça aurait été plus pratique lorsque l’on est en train de courir avec des tonnes de zombies aux basques.

Mais tous ces zombies ne sont pas les seuls ennemis auxquels vous avez à faire. Les humains sont aussi de la partie avec des maraudeurs, des drifters en moto et surtout les Rippers, un groupe d’humains vraiment pas nettes dans leur tête. Ces derniers vouent un véritable culte aux zombies et torturent tout survivant qu’ils capturent. Mais tous ces humains ne vous posent pas de grands problèmes pour être éliminés car l’IA n’est vraiment pas ce qui se fait de mieux dans leur cas. Vous pouvez facilement les berner en vous cachant correctement et lorsqu’il s’agit de se mettre à couvert, ils laissent bien dépasser leur tête la plupart du temp. Si en plus vous avez une position surélevée, ils ne chercheront pas à vous contourner pour venir vous chercher. La plupart du temps, ils restent bien sagement à couvert en bougeant rarement de leur position et en attendant que vous les éliminiez.

Pour vous débarrasser de tout ce beau monde, deux options s’offrent à vous pour les éliminer. Soit vous foncez dans le tas, soit vous vous la jouez infiltration. Pour ma part, je passe mon temps planqué derrière des abris ou dans les boissons, tout en faisant attention aux pièges posés, pour éliminer un maximum d’ennemis discernement avec des armes équipées de silencieux ou à l’arbalète. Le peu de fois où je me suis amusé à y aller franco, des zombies sont arrivés en masse à cause du bruit des coups de feu ou des explosions. Vous avez la possibilité de transporter quatre armes sur vous. Une de poing, une longue, une spéciale et une pour le corps à corps. En général, vous ne transportez pas des centaines de munitions donc les armes de mêlée sont très importantes en plus d’être discrètes. Il est possible par la suite de débloquer des plans qui permettent de crafter des versions améliorées de celles-ci et surtout de les réparer ce qui est très pratique. Pour les armes à feux, il est possible de ramasser celles des ennemis mais celles que vous pouvez acheter dans certains camps sont de bien meilleure qualité avec des stats supérieures. Mais pour les débloquer, il faut bien faire monter le niveau de confiance avec les camps comme je le dit un peu plus haut dans ce test.

Le jeu dispose aussi d’un système de craft qui permet de créer des items de soin, des objets de distraction, des armes de jet comme des bombes ou des cocktails molotov mais aussi divers types de flèches pour votre arbalète par exemple. Mais pour crafter, vous vous doutez qu’il faut fouiller constamment toutes les habitations, entrepôts, magasins ou véhicules de la map afin de trouver les matières premières nécessaires et ça demande pas mal de temps. Le système se fait via un menu circulaire qui apparaît en maintenant la touche L1. Une fois actif, l’action du jeu se ralenti pour vous laisser le temps de fabriquer ce dont vous avez besoin même en ayant des zombies aux fesses. Le système n’est pas trop mal mais la roue de sélection qui permet de choisir son arme ou de crafter fait des choses étranges. Vous sélectionnez un item, un cocktail molotov par exemple, et le personnage jette une grenade à la place. Au début je pensais que c’était moi qui faisais une mauvaise manip mais ça n’arrête pas d’arriver aux joueurs de mon entourage qui ont le jeu. Le problème est que le cocktail molotov est discret tandis que la grenade va rameuter tout un tas de zombies supplémentaires et des fois ça peut très mal finir.

Il est aussi possible d’améliorer les capacités de base de Deacon. Plusieurs complexes Nero sont dispersés un peu partout sur la map et une fois que vous les avez nettoyés et rétabli l’électricité, vous avez accès à un coffre spécial qui renferme un injecteur. Celle-ci permet d’améliorer votre jauge de vie, d’endurance ou de concentration. Vous gagnez aussi des points à chaque fois que vous montez de niveau. Ils permettent de débloquer de nouvelles compétences qui sont très utiles pour la survie. Possibilité de ramasser plus de matières premières, l’activation du mode bullet time, la probabilité de récupérer sur le cadavre de vos ennemis les flèches utilisées, voir les plantes sur la map, la possibilité de réparer ses armes, il y en a un bon paquet à débloquer et cela prend pas mal de temps. Mais si vous voulez progresser plus facilement dans le jeu, vous êtes obligé de passer par là. Une fois bien amélioré, les hordes sont un peu moins compliquées à aborder.

Motard avant tout

Heureusement pour vous, Deacon dispose bien évidemment d’une moto pour parcourir et explorer les grandes zones de jeu. Niveau gameplay, il faut dire que la conduite de l’engin demande un petit temps d’adaptation car la direction est très sensible comme vous pourrez le voir dans la vidéo présente dans ce test. Mais après quelques heures de pratique et quelques modifications, on commence à dompter l’engin. Malheureusement pour nous, on perd très vite le bon deux roues que l’on a au début du jeu pour se retrouver avec une meule de base qu’il faut s’empresser d’améliorer.  Pour cela, il faut vous adresser aux mécanos présents dans les camps. En échange d’un bon paquet de crédits, ils vous installent de nouvelles pièces comme des réservoirs plus grands, des moteurs plus puissants, des échappements plus silencieux ou encore des pneus avec plus de grip. Ils peuvent aussi apporter quelques modifications esthétiques histoire d’avoir une moto unique.

Mais le plus important reste de faire attention à son niveau d’essence dans le réservoir et de veiller à l’état de sa moto. Sans ça, vous vous retrouvez vite à pied ou à la pousser ce qui peut-être très dangereux ans certains cas. C’est pour cela qu’il faut veiller à toujours avoir de la ferraille en stock au cas où pour réparer et de faire le plein dès que vous en avez l’occasion même si vous êtes à 90%. Si ça peut vous éviter de vous retrouver à sec alors que vous vous trouvez à côté d’une meute de zombies, autant le faire.

Être à moto et foncer à toute berzingue ne vous met pas forcément à l’abris de tous les dangers. Si vous passez un peu trop prêt d’un zombie, vous risquez bien de vous faire désarçonner après un plaquage énorme. Les loups aussi aiment bien faire ça si vous roulez à faible allure. Mais il faut aussi faire attention aux embuscades tendues par les humains. Je peux vous dire que la première fois que vous vous prenez un câble tendu en travers de la route alors que vous étiez à fond sur votre moto, ça surprend. Non seulement votre vie chute comme il faut, à peine sur pied vous avez trois ou quatre gars sur vous et en plus vous avez votre moto à réparer. Vous avez aussi des snipers en embuscade qui peuvent vous faire chuter lourdement s’ils vous touchent. Donc ça ne sert à rien d’aller à fond sur les routes surtout que votre consommation restera la même.

Le jeu dispose aussi de points de téléportation si vous ne voulez pas constamment faire de longs trajets. Mais ces derniers dépendent aussi de votre moto ! Non seulement il faut que vous en soyez proche, mais il faut qu’elle ait assez d’essence pour parcourir la distance que vous souhaitez. Bien évidemment, il faut aussi débloquer les différents abris avant de pouvoir faire tout cela. Un fois nettoyés de toute présence ennemie, vous pourrez y gérer vos armes achetées mais aussi y dormir pour faire avancer le temps jusqu’au jour suivant (impossible de choisir la durée de sommeil).

Une bonne direction artistique mais quelques petits défauts

Pour un premier jeu open world, Bend Studio a tout de même fait du bon travail au niveau des graphismes sur Playstation 4 Pro. Le chara design des personnages principaux est vraiment bien fait avec des expressions faciales réalistes surtout au niveau des regards. Le level design n’est pas en reste avec des environnements non urbains dépourvus d’aliasing qui sont vraiment superbes et sublimés par des effets de lumières qui le sont tout autant. Les changements climatiques et le cycle jour/nuit sont aussi très bien faits. De ce côté, il n’y a vraiment rien à redire surtout lorsque des chutes de neige arrivent et recouvrent petit à petit le décor avant que tout devienne blanc. Tout cela n’est pas juste esthétique puisque la moto glisse un peu plus lorsque le sol est bien blanc et les zombies vous entendent moins lorsqu’il pleut à torrents. D’ailleurs, les orages sont aussi très bien rendus aussi bien au niveau visuel que sonore.

Mais il y a tout de même quelques petits points négatifs. Le premier est qu’il y a trop de temps de chargement entre l’action et les cinématiques ce qui casse énormément le rythme de jeu. Il y a tout de même un peu de clipping mais pour un open world, c’est quasi obligé. Il y a que Rockstar Games qui a la recette miracle pour éviter ça. Il arrive aussi régulièrement que certains ennemis restent figés ou disparaissent tout simplement lorsque vous vous approchez d’eux. Le jeu plafonne à 30 fps mais il arrive à moto que le framerate chute de manière assez importante ce qui peut-être très gênant avec des ennemis au alentours. Le jeu souffre aussi de freezes avec un retour au menu de la console ce qui est agaçant.

Côté son, comme d’autres exclusivité de Sony, nous avons le droit à une bande son qui n’est pas mauvaise même si je la trouve un peu trop discrète. Côté doublages, la version française n’est pas trop mal mais je vous conseille fortement de passer à la version originale sous-titrée qui est bien meilleure et qui confère à Deacon un peu plus de charisme. On peut reprocher aussi que les sons de la moto ne sont vraiment pas synchronisés avec l’action. On se prendrait limite pour un ado boutonneux qui fait beaucoup de bruit avec son scooter mais qui n’avance pas…

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