19 janvier 2019
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Test d’Amy de VectorCell sur Playstation 3

Sorti le 11 janvier 2012, AMY est un survival-horror développé par Vector Cell et distribué par Lexis Numérique sur les plateformes de téléchargement  que sont le Playstation Network, Xbox Live Arcade mais aussi sur PC à un tarif d’environ 10€.

AMY vous met dans la peau d’une certaine Lana, jeune femme qui voyage en compagnie d’une petite fille autiste en direction d’un hôpital où la gamine devrait être examinée pour des raisons qui sont inconnues au début du jeu. Alors que vous patientez dans un compartiment du train, vous offrez à Amy un cadeau, une sorte de tablette graphique tactile. C’est alors qu’une énorme boule de lumière apparait à l’horizon et quelque chose semble s’écraser dans une ville non loin. Amy se met ensuite à dessiner un destin assez macabre pour les personnes habitants près de la zone d’impact…qui est votre destination…C’est le début d’une aventure entre survie, horreur et énigmes pour sauver votre vie et celle de la petite Amy.

Quelques détails

AMY propose au joueur un contenu très simple, 6 chapitres et 3 niveaux de difficulté dans un genre, le survival-horror, qui n’avait que rarement mis les pieds sur les plateformes digitales que sont le PSN/XBLA. Comme souvent, le premier chapitre fait un peu office de tutoriel pour s’acclimater aux contrôles et aux possibilités offertes par le gameplay. Les actions sont classiques, courir, frapper, interagir avec l’environnement, s’accroupir etc. Le paysage, devenu tout simplement apocalyptique après cette « explosion » , n’augure rien de bon en ce qui concerne vos futures rencontres…mais il faut commencer par retrouver Amy, le véritable personnage central de ce jeu malgré que ce ne soit pas celui qu’on le contrôle la plupart du temps.

Les graphismes du jeu sont bons si on prend en compte le fait que c’est un jeu « digital » (c’est-à-dire uniquement disponible via téléchargement et sujet à certaines limitations), l’ambiance est bien rendue avec des textures « sales » et des monstres bien hideux. Le métro de la ville de Silver City semble tout de même avoir pris 50 ans en moins d’une heure !

AMY fonctionne surtout comme un jeu de réflexion car votre personnage, la jeune et jolie (si un peu débrayée) Lana, n’est pas une experte de l’action, surtout pour tuer des créatures absolument repoussantes…du coup, la progression dans le jeu passe avant tout par des énigmes assez simples comme trouver une carte de couleur correspondante à une porte bien précise. Si les énigmes sont souvent basiques, elles ne sont pas forcément faciles car le jeu n’offre pas de directives très claires ni de rappels des objectifs. Sans parler de l’absence (voulue) de carte. A une époque où nombre de jeux se veulent supra-directifs et vous rappellent sans cesse ce qu’il faut faire, où et quand, AMY se veut beaucoup plus « old-school » et impose au joueur d’être bien concentré pour mener ses actions à bien. Mais ce n’est pas toujours suffisant.

Retrouver Amy

La petite Amy n’est pas une gamine comme les  autres, et le fait de chercher à la protéger, du fait de son jeune âge dans ses conditions terribles, sera accentué au fur et à mesure du jeu alors que vous découvrirez de quoi la petite est capable. AMY m’est rapidement apparu comme un mix entre « ICO » et « Oddworld » (hello-hello-follow me-ok) dans le sens où il faut à la fois protéger Amy mais aussi savoir faire bon usage de ses capacités exceptionnelles (dues à son autisme). L’une des mécaniques de gameplay les plus intéressante et étonnante dans AMY est simple comme bonjour : tenir la main. De mémoire de gamer, c’est le premier jeu dans lequel il est possible de tenir un enfant par la main (via une action dédiée), une action incroyablement banale mais qui renforce la sensation d’amour et de protection à l’égard d’Amy. C’est là quelque chose dont les développeurs peuvent être fiers, surtout étant donné que la petite est mignonne comme tout grâce à des graphismes et animations réussis.

Dès lors, un sourire sur le visage d’Amy à la suite d’une énigme résolue est perçu comme une véritable victoire alors que le fait de la cacher dans une armoire, à l’écart du danger pendant quelques minutes, vous vaudra de vous inquiéter et de vous presser de retourner la chercher…d’autant plus qu’elle pourrait paniquer et sortir de sa cachette !

Le level design d’AMY a donc été conçu de façon à prendre en compte les possibilités de gameplay comme se cacher, ne pas faire de bruit ou au contraire attirer l’attention mais certaines salles requièrent plus de jugeote : celles où Amy ne peut pas accéder ou celles ou celles où elle seule peut accéder ! Lana pourra donc demander à Amy d’effectuer des actions à distance pour avancer. Il faudra  un véritable esprit d’équipe pour se défaire de certaines énigmes le plus rapidement possible.

Contamination ? Infection ?

L’un ou l’autre, en tout cas, depuis cette « explosion », l’air est devenu hautement toxique et, bizarrement, il n’y a que le fait de rester proche d’Amy qui semble faire office d’antidote ! Ceci est une raison supplémentaire de se dépêcher lors de phases de jeu loin de la petite, si vous restez éloigné trop longtemps, vous succomberez à la toxicité de l’air. Heureusement, des soins sont utilisables pour résister entre temps, mais sont-ils vraiment bons à long terme ?

Il faut dire que le jeu reste longtemps mystérieux et ne se dévoile qu’au fur et à mesure. Qu’est-ce qui s’est vraiment écrasé ? Qui sont ces hommes armés ? Pourquoi la petite Amy semble insensible à l’air toxique et comment expliquer le développement des ses capacités exceptionnelles ? Ne comptez pas pour moi pour vous spoiler le dessus-;-)

Survie ? Horreur ?

Je vous avouerais qu’il m’a fallu pas mal de temps pour « adopter » AMY. Les raisons sont multiples : déjà, ce manque de directivité qui peut vous pousser à mourir plusieurs fois d’affilée avant de comprendre telle ou telle possibilité de gameplay (pensez à lire les infos pendant les temps de chargement). Il est vrai que c’est plus gratifiant de trouver par soi-même, mais refaire les mêmes passages encore et encore à de quoi frustrer le plus patient des joueurs. Autre chose : les points de passage. Ils semblent fonctionner de façon erratique et il m’est arrivé plusieurs fois de devoir recommencer un chapitre depuis le tout début alors que je pensais avoir « sauvegardé » au moins quelque part au milieu (en fait, le jeu ne sauvegarde que les chapitres complets). Les phases d’actions manquent de rythme et d’intensité, peut-être que des passages en « quick-time-events » auraient été plus judicieux ? La précision des déplacements laisse aussi à désirer tout comme le comportement des « zombies » qui d’une partie sur l’autre vous détecteront ou pas en fonction de votre niveau de contamination…tout ceci apporte de la frustration et donne parfois envie de lâcher la manette quand un gros « YOU ARE DEAD» s’affiche à l’écran…
Entre autres choses…

En résumé

Mais passées ces frustrations, je me suis mis à apprécier AMY pour son ambiance et l’histoire racontée, on a vraiment envie de comprendre ce qui se passe mais c’est surtout la satisfaction de protéger cette petite fille virtuelle qui est le plus gratifiant. Etonnement, c’est un jeu qui s’apprécie plus, à mon sens, quand on le refait (même avec un niveau de difficulté plus élevé) que lors du premier passage. A seulement 10€ environ, c’est un bel effort. Certes, il manque de variété mais il offre au bout du compte une expérience assez unique et donc intéressante.

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